Tournus, escale gourmande et bourguignonne sur les rives de la Saône
Sur les rives paisibles de la Saône, Tournus est de ces petites villes que l’on traverse sans s’y arrêter, avant de découvrir qu’elles cachent un charme discret et profond. Ici, tout respire la douceur : la lumière qui glisse sur les façades blondes, l’accent chantant des habitants, les parfums de cuisine qui s’échappent des brasseries. Entre patrimoine roman, marchés gourmands et haltes savoureuses, Tournus incarne l’art de vivre à la bourguignonne.
Première étape : savourer la Bourgogne dans un restaurant emblématique

Avant de partir à la découverte de la vieille ville, il faut s’attabler. Et à Tournus, les bonnes adresses ne manquent pas. Parmi elles, la brasserie du restaurant Tournus illustre parfaitement la tradition culinaire de la région : une cuisine ancrée dans le terroir, servie avec élégance, mais sans prétention.
Avant toute chose, il faut s’attabler, et à Tournus, ce n’est pas une simple formalité : c’est un art de vivre. Parmi les adresses qui perpétuent l’esprit de la région, la brasserie du restaurant Tournus est une halte incontournable. Ici, la cuisine bourguignonne se décline avec élégance et générosité, portée par des produits frais, des recettes maison et ce respect du goût que seule une longue tradition peut transmettre.
Les entrées ouvrent l’appétit comme une conversation bien menée. Le Galabar compotée de pommes — sorte de boudin noir à la texture soyeuse — s’offre dans un équilibre parfait entre le fondant du fruit et la profondeur du sang. Un plat d’autrefois, revisité avec finesse. Est-ce que vous oseriez goûter ce plat ? À côté, la terrine d’aile de raie, délicate et iodée, surprend par sa légèreté (wahou la photo sur leur site, donne super envie), quand la cassolette de moules au safran, dorée sous sa croûte gratinée, laisse s’échapper un parfum qui évoque les embruns et la chaleur d’une table dominicale.
Viennent ensuite les plats, généreux et sincères. Le poulet de Bresse aux morilles, nappé d’une sauce au vin jaune, en est sans doute l’expression la plus noble : une chair fondante, une sauce ronde et boisée, et ce parfum de sous-bois qui emplit la salle dès qu’il arrive sur la table. C’est clairement le plat qu’on a envie de goûter. Le pain de brochet à la bisque d’écrevisses, accompagné de petits légumes, révèle tout le savoir-faire régional entre terre et rivière. Et pour les amateurs de plats de tradition, la bouchée à la reine, garnie de ris de veau, de volaille et de champignons, fait figure de madeleine de Proust — une ode à la cuisine bourgeoise d’antan.
Enfin, viennent les douceurs, légères ou réconfortantes selon l’humeur. Le soufflé Chartreuse, servi après vingt minutes de patience, est un spectacle à lui seul : aérien, parfumé d’herbes et d’épices, il évoque à la fois la montagne et la délicatesse du sucre. Et ensuite, on retrouve des desserts plus classiques, comme le baba au rhum, moelleux et généreusement imbibé, appelle un trait de crème fouettée ou encore le nougat glacé.
Balade dans les ruelles et sur les bords de Saône
Une fois repu, il est temps d’arpenter Tournus. Le cœur de la ville se découvre à pied, entre ruelles pavées et façades ocres. On y croise des ateliers d’artisans, des galeries où s’exposent céramiques et toiles inspirées du paysage, ainsi que de petites boutiques qui sentent bon la confiture maison et le vin nouveau.
Au détour d’une rue, une épicerie fine propose moutardes à l’ancienne, vins du Mâconnais et biscuits sablés au cassis. Les visiteurs y trouvent facilement de quoi ramener un souvenir gourmand, un pot de miel local, une terrine artisanale, ou encore une bouteille de Saint-Véran signée d’un domaine voisin.
Les bords de Saône, eux, sont un petit monde à part. Les pêcheurs s’y installent tôt le matin, dans le silence de la brume. On y pêche la carpe, le sandre, la perche, parfois même le silure, gigantesque habitant du fleuve. Sur les étals du marché, ces poissons se mêlent aux fromages bourguignons, aux volailles de Bresse et aux herbes du jardin.
Explorer les environs : vins, villages et douceur de vivre
Autour de Tournus, la Bourgogne du Sud s’étire en collines arrondies et vallons plantés de vignes. Mais c’est l’abbaye Saint-Philibert, au cœur même de la ville, qui attire le regard et raconte l’histoire des siècles passés. Édifiée à partir du Xe siècle par les moines bénédictins, elle fut un haut lieu du monachisme européen.
En quittant Tournus, la route serpente entre vignes et petits villages. Uchizy, Chardonnay, Clessé… des noms qui résonnent comme une promesse. Les caves y ouvrent leurs portes, invitant à goûter un verre de blanc frais accompagné d’un morceau de comté. Plus au sud, Cluny dévoile les ruines de son immense abbaye, jadis la plus puissante d’Europe, tandis que Cormatin charme par son château Renaissance et ses jardins symétriques.




