Lagon du François en Martinique : fonds blancs, Baignoire de Joséphine et îlets

Publié le
par Cécilia

Quand on prépare un voyage en Martinique, on pense spontanément aux plages de sable blanc du sud (celles des cartes postales). En creusant un peu la côte atlantique, on est tombés sur un décor qui nous a fait rêver bien plus que prévu : le lagon du François. Ici, une barrière de corail casse la houle au large et dessine une grande baie calme, turquoise, parsemée d’îlets et de bancs de sable où l’on a pied en pleine mer.

On ne vous raconte pas un souvenir (nous n’y sommes pas encore allés !), mais tout ce qu’il faut savoir pour vivre cette journée en mer, du paysage aux poissons, sans oublier le ti-punch.

Le lagon du François, un décor à part sur la côte atlantique

Sur la côte est, l’océan est plutôt vif. Au François, c’est l’inverse : protégées par le récif, les eaux de la baie restent plates, claires et peu profondes. Selon la profondeur et la lumière, la couleur passe du vert d’eau au bleu électrique (de quoi remplir une carte mémoire en une matinée).

Côté terre, le littoral est bordé de mangrove, avec ses palétuviers aux racines plongées dans l’eau, qui servent de nurserie à une foule de petits poissons. Sur les îlets, la végétation est plus sèche : cocotiers, raisiniers bord de mer aux larges feuilles rondes, et parfois des mancenilliers (souvent marqués d’un trait rouge sur le tronc). Ne vous abritez jamais dessous, même en cas d’averse : leur sève et leurs petits fruits verts sont très toxiques.

Les fonds blancs, ou l’art d’avoir pied en pleine mer

Les fonds blancs, ce sont ces hauts fonds de sable clair qui relient les îlets entre eux. Le bateau jette l’ancre au milieu de la baie, vous descendez l’échelle… et vous vous retrouvez debout, avec de l’eau à la taille, à des centaines de mètres de la côte ! Le sable très fin réfléchit la lumière et donne cette teinte laiteuse si particulière.

Avec un masque et un tuba, le spectacle continue sous la surface. Les herbiers accueillent souvent de grosses étoiles de mer orangées, des lambis (le coquillage emblématique des Antilles), des raies posées sur le sable et, avec un peu de chance, des tortues qui broutent tranquillement. Autour des zones plus rocheuses, on peut observer des sergents-majors rayés de jaune et de noir, des poissons-perroquets aux couleurs vives ou encore des poissons-chirurgiens bleus.

Quelques règles simples s’imposent : on ne sort pas les étoiles de mer de l’eau (elles ne le supportent pas), on ne touche à rien et on regarde où l’on pose les pieds, car les oursins ne sont jamais loin.

La Baignoire de Joséphine et sa légende

Le plus célèbre de ces fonds blancs se trouve entre l’îlet Oscar et l’îlet Thierry. On l’appelle la Baignoire de Joséphine, en référence à Joséphine de Beauharnais (née aux Trois-Îlets, future épouse de Napoléon). La légende raconte qu’elle venait s’y baigner et (paraît-il) cacher ses rondeurs dans cette eau tiède et transparente. Que l’histoire soit vraie ou non, l’endroit a tout d’une piscine naturelle géante.

Il n’y a pas de route pour y aller, forcément. La façon la plus simple d’en profiter est de réserver une excursion à la Baignoire de Joséphine au départ du port de pêche du François, qui enchaîne en général les fonds blancs, les îlets et un moment de snorkeling.

Les îlets de la baie, de Chancel aux plus petits

La baie compte une petite constellation d’îlets : Oscar, Thierry, Frégate, Long, Pelé, Anonyme… Certains sont privés et beaucoup se contemplent depuis le bateau. Mais ce ballet de petits bouts de terre verts, posés sur l’eau turquoise, fait partie de la magie du lieu.

L’îlet Chancel et ses iguanes

Chancel, souvent présenté comme le plus grand îlet de Martinique, est le refuge de l’iguane des Petites Antilles, une espèce endémique menacée. L’îlet est protégé par un arrêté de protection de biotope depuis 2005. Les visiteurs n’ont accès qu’à deux zones, la plage du Trapèze et le secteur des ruines (un ancien four à chaux et un site archéologique), en restant sur le sentier balisé.

On observe les iguanes en silence et à distance : interdiction de les toucher ou de les nourrir, et on ne ramasse ni coquillage, ni corail, ni plante. Ces règles sont strictes, et c’est tant mieux.

Ti-punch les pieds dans l’eau et saveurs créoles à bord

Venons-en au moment qui parle forcément à Faim de Voyages ! Le ti-punch, c’est l’apéritif national de la Martinique. Son nom vient du créole « ti », qui veut dire « petit » : c’est un petit punch, servi dans un petit verre. Le mot « punch » viendrait lui-même du hindi panch (« cinq »), en référence aux cinq ingrédients du punch d’origine.

La recette tient en trois éléments :

  • du rhum agricole blanc, distillé à partir de pur jus de canne (et non de mélasse), qui bénéficie d’une AOC Martinique depuis 1996, généralement titré à 50 ou 55 % (on vous aura prévenus) ;
  • du sucre de canne ou du sirop de canne ;
  • un zeste de citron vert avec un peu de pulpe, que l’on presse dans le verre.

On mélange le tout avec un bois lélé, un petit fouet taillé dans une branche. La tradition veut que chacun dose son verre selon ses goûts, d’où l’expression locale « chacun prépare sa propre mort » (on vous conseille d’avoir la main légère sur le rhum avant de remettre le masque et le tuba). Pour ceux qui préfèrent plus doux, le planteur, mélange de rhum et de jus de fruits, fait très bien l’affaire.

À bord, l’apéritif s’accompagne souvent d’accras de morue, de fruits frais et, selon les formules, d’un vrai repas créole (colombo, poisson grillé, riz et sauce chien).

Infos pratiques

  • Départ : le port du François, sur la côte atlantique. Comptez environ 30 à 40 minutes de route depuis Fort-de-France (voir notre article pour visiter la Martinique en voiture).
  • Durée : demi-journée (le matin ou l’après-midi) ou journée complète avec déjeuner, selon les sorties.
  • À emporter : crème solaire respectueuse des coraux, chapeau, lunettes, t-shirt anti-UV, masque et tuba, chaussures d’eau (pour les oursins) et un peu d’eau douce.
  • Quand partir : la saison sèche, de décembre à avril, offre l’eau la plus claire. Tout est détaillé dans notre guide Martinique : quand partir et comment organiser un séjour réussi.

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