Retour d’expérience sur le stop en Argentine


Nous avons fait du stop dans beaucoup de situations différentes au pays du maté et de l’asado. Traverser des frontières, aller jusqu’à un village ultra touristique, rouler des dizaines d’heures pour arriver dans un hameau minuscule, nous en aurons des choses à raconter à ceux qui veulent bien les entendre. On vous épargne ça, on préféra vous donner nos impressions sur le stop en Argentine, vous indiquer plusieurs parcours que nous avons réalisés et vous raconter quelques anecdotes que nous avons en tête.

Notre avis sur l’autostop dans ce vaste pays

san martin de los andes route des 7 lacs argentine cerro chapelco

La route des 7 lacs près de Bariloche

Est-ce que l’autostop marche en Argentine ?

Oui, l’auto-stop fonctionne en Argentine et je pourrais même dire que ça marche du tonnerre !

De notre point de vue, nous pouvons vous dire que globalement le stop fonctionne très bien en Patagonie. Nous avons clairement constaté que lorsque la saison touristique a débuté, grosso modo de mi-novembre à mi-mars, il était bien plus facile d’être pris.

Dans la partie nord du pays, il est également possible de faire de l’autostop. On a constaté que c’était généralement un peu plus compliqué qu’en Patagonie, mais rien d’impossible. Le problème vient surtout du fait qu’il y a moins de passage et moins de véhicules capables de nous accueillir. C’est-à-dire que les petits camions étaient déjà pleins et que de façon générale, il y a avait plus de scooters et motos que de voitures. En étant deux, cela était plus compliqué. Néanmoins, il faut savoir que nous levions le pouce en dehors des vacances, cela influe beaucoup.

Nous avons passé d’excellents moments en compagnie de nos chauffeurs, nous avons échangé beaucoup de sourires et de fous rires avec d’autres touristes. Nous avons tout simplement appris à profiter de chaque instant et aimé nos déplacements. Si vous n’avez pas envie de voir passer toutes vos économies dans les transports, de subir vos pérégrinations, levez le pouce pour profiter un maximum de votre aventure argentine !

Je ne pense pas qu’il faille vous fier uniquement à notre ressenti, l’important est de faire du stop au bon moment, au bon endroit et d’avoir de la chance. Tentez l’expérience avec un compagnon de route :).

 

Est-ce que vous avez eu des problèmes ?

La question que tout le monde se pose et c’est bien normal ! Nous n’avons pas eu de vraies « mésaventures », nous ne sommes jamais faits volés, pas d’entourloupes ou quoi que ce soit. Rien de « grave » ne s’est passé. Nous nous sommes sentis uniquement une fois très gênés par un type qui trainait au bord de la route, il n’inspirait pas du tout confiance aux conducteurs pour s’arrêter et nous prendre en voiture.

Nos expériences concernant le stop en Argentine sont très positives. Bien évidemment, il est arrivé que nous ayons attendu des heures et des heures au bord de la route ou parfois seulement quelques secondes, mais ça c’est la chance ma pauvre Lucette !

Nos trajets en stop

L’auto stop, nous l’avons souvent pratiqué pendant ce voyage. Que ce soit pour parcourir des centaines de kilomètres ou se rendre au village 30 kilomètres plus loin. Nous vous parlerons ici uniquement de quelques grands trajets effectués en stop (+ de 300km).

Antofagasta de la Sierra Catamarca Belen Argentine route vers infini

La route vers Antofagasta de la Sierra

De Buenos Aires à Iguazu

Nous avons commencé notre séjour en Argentine à Buenos Aires pour remonter vers le nord du pays. Notre objectif était de faire étape quelques jours aux Esteros del Ibera (800 km depuis Buenos Aires), puis à San Ignacio où de belles ruines n’attendent qu’à être explorées et enfin à Puerto Iguazu où nous avions rendez-vous pour notre premier volontariat. On lève le pouce pour la première fois sur le sol argentin, Anibal (véridique) nous proposera son aide. On vous raconte notre première expérience d’auto-stop sur le blog Histoires de Tongs par ici. On finit par s’arrêter à San José, petite bourgade située à 320 kilomètres de Buenos Aires au milieu de l’après-midi. Nos chauffeurs nous invitent à partager une pizza le soir même et à dormir chez eux. On repartira tôt le matin pour essayer d’atteindre Colonia Carlos Pellegrini. Cela n’aura pas été de la tarte puisqu’un chauffeur nous aura fait faux bond. Il faisait nuit et nous avons dormi dans un motel d’autoroute… The place to be ! Les aléas du stop. Bref, ce n’est pas sans peine que nous arriverons le lendemain aux Esteros del Ibera ouf ! Une dame a eu pitié (oui carrément) et nous a pris à l’arrière de son pick-up, Tim, Claudia une Allemande rencontrée quelques heures plus tôt et moi. Elle nous raconte que c’est la première fois qu’elle accepte des auto-stoppeurs dans la voiture, mais vu l’heure qu’il était, elle a fait demi-tour pour nous accueillir dans son 4×4. Nous aurons mis 3 jours pour parcourir 802 km, ce qui n’était franchement pas un record. Quand il a fallu sortir de Carlos Pellegrini, c’était la galère ! Soit il fallait revenir sur nos pas, soit emprunter une route que personne n’utilise. Bien sûr, nous l’avons su une fois sur place, en faisant du stop. On payera finalement un taxi improvisé afin qu’il nous emmène sur une route où il y a vraiment du trafic. La chance nous a ensuite souri jusqu’à San Ignacio. La date d’arrivée dans notre volontariat avait été compliquée à prévoir alors nous avons choisi de finir le voyage en bus.

De Salta à Belen

445 kilomètres nous séparent de notre destination, d’après le GPS le temps de parcours est de 6h20. On mettra au final plus de temps à sortir de la ville de Salta que de trouver la première voiture qui nous emmènera jusqu’à Cafayate. Les villes étant très étendues en Argentine, c’est surtout un détail à ne pas négliger. Les bus de villes s’arrêtent parfois tous les 100 mètres, le temps de trouver le bon bus et le trafic du matin repoussent le début du stop. Une fois dans la voiture de notre gentil chauffeur (ou plutôt pilote), c’était parti ! Ce trajet, je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était fast and furious en ligne droite et pour finir en beauté sur une route aux milles courbes. Entre l’envie d’aller aux toilettes et l’envie de vomir, c’était les plus longs kilomètres de ma vie. Le monsieur était décidément très pressé d’aller jouer au golf avec ses potes.

De la Cueva de las Manos à Puerto Natales

Nous avions plus de 750 kilomètres à parcourir pour revenir à Puerto Natales, au Chili, où nous passions notre volontariat. Nous nous doutions que nous n’y arriverions pas en une journée. D’autant plus que la route était en très mauvais état sur plusieurs tronçons de 50 à 100 kilomètres. Nous nous en sommes plutôt bien sortis, il fallait seulement être patient. C’est la première fois qu’un van aménagé nous prendra en chemin. On s’arrêtera à Gobernador Gregores pour dormir en tente dans un camping, où nous rencontrerons des Argentins fans de pâtisseries françaises (cocorico !) puis à Esperanza pour une nouvelle nuit au milieu de nulle part derrières une station essence. Nous avons pu camper gratuitement et acheter le meilleur dulce de leche du voyage dans la boutique de la station. Ce qui n’est au final pas plus mal ! Le lendemain, nous avons rapidement été conduits jusqu’à Rio Turbio, ville frontière avec le Chili. Nous passons la frontière à bord de la voiture de deux jeunes femmes qui ont l’habitude de rendre service aux touristes de passage.

De Trelew à Ushuaia

Plus de 1700km au compteur. OMG ! Nous avions prévu plusieurs pauses pour couper ce trajet en plusieurs étapes et ne pas se laisser surprendre par les distances et le temps. Les conditions climatiques ne sont d’ailleurs pas les meilleures pour faire du stop dans ce coin. Le vent en été peut souffler très fort (les journées avec des rafales à plus de 90 km/h ne sont pas rares). Nous avons commencé par Trelew – Comodoro Rivadavia (375 km, mais plus de 5h de trajet sans pause), puis de Comodoro Rivadavia nous sommes allés à Rio Gallegos. Sur cette portion, nous avons parcouru 777km en 9h avec un danseur de tango professionnel de 77 ans. Nous avons pensé au Couchsurfing pour passer la nuit et faire de nouvelles rencontres. Ensuite, nous avons effectué le trajet de Rio Gallegos à Rio Grande en une journée avec un passage de frontière lors d’un long week-end (beaucoup de monde aux frontières pendant les vacances et week-ends) et 375 km (5 heures de route). Nous avons passé le week-end à Rio Grande avec une petite famille adorable. Enfin, de Rio Grande à Ushuaïa (220 km). Le plus fort sur ce trajet, c’est qu’un Français nous aura pris avec sa voiture de location à deux reprises, gros fous rires et d’excellents souvenirs !

Et bien d’autres aventures en autostop

D’Ushuaia à Punta Arenas, Punta Arenas à Puerto Natales, de Puerto Natales à El Chalten, d’El Chalten à El Calafate, de Neuquen à Bariloche… Sans oublier du côté chilien sur la Carretera Austral. Si vous souhaitez connaître un peu plus en détail l’ensemble de nos trajets en Argentine et en Amérique du Sud de façon générale, vous pouvez retrouver ici l’itinéraire complet de notre périple de 2 ans. Nous précisons généralement si nous avons fait du stop ou du bus et le temps que ça a pris.

Anecdotes indélébiles de nos vadrouilles

Faire du pouce c’est une expérience en soi, cela donne de belles rencontres imprévues et parfois, des moments que nous aurions aimé éviter. Nous avons fait une petite sélection de trajets en auto-stop pas comme les autres.

Route depuis Belen jusqu'à Antofagasta de la Sierra en Argentine

La route vers Belen

Le jour où nous avons décidé de parcourir en auto-stop 545 kilomètres pour voir des peintures rupestres

Oui nous sommes comme ça nous. Je ne voulais décidément pas faire l’impasse sur l’un des sites historiques les plus remarquables d’Argentine. Nous étions tellement motivés à l’idée de voir les fresques de La Cueva de las Manos, située dans la région de Santa Cruz que nous avons décidé de lever le pouce sur la route 40 une dernière fois. Je peux vous dire que la route 40, nous l’avons adorée et détestée pendant notre trip. Lors de ce dernier trajet, nous l’avons vénérée ! Nous partions d’El Chalten, nous n’étions pas les seuls sur le coup malgré notre réveil très matinal. La chance nous sourit enfin lorsque nous rencontrons un couple argentin qui se dirige vers notre destination. Sur la route, le feeling passe tellement bien, qu’il nous propose de venir avec eux pour se balader au Lago Posadas et voir d’autres peintures et gravures dans la zone. On accepte volontiers, voilà un excellent avant-goût de notre prochaine étape. Bref, on finira par camper deux nuits autour du lac et s’amuser avec nos nouveaux amis.

Le jour où nous nous sommes fait arrêter par la police en faisant du stop

Par où commencer ? On quitte notre hôte couchsurfing pour prendre la route tôt dans la matinée afin de nous positionner correctement sur la route.  On marchera une petite heure avec tout notre attirail pour rejoindre la sortie de la ville à défaut d’avoir trouvé un bus qui pourrait nous avancer. Une fois arrivés, on brandit nos bras, le temps était au beau fixe, nous attendions sagement que des voitures passent. On constate rapidement que tous les véhicules sont des voitures de fonction appartenant à la même entreprise. Nous émettons nos premières théories quant aux passages incessants de ces véhicules,  lorsqu’un des ouvriers s’arrête pour nous signaler qu’ils (les employés de l’entreprise) se dirigent à une cinquantaine de kilomètres pas plus loin. Une voiture de flics passe, elle s’arrête, deux policiers sortent du véhicule. Stationnés de l’autre côté de la route, ils nous demandent (crient) de les rejoindre pour un contrôle de papiers. On n’a rien à se reprocher et il vaut mieux ne pas discuter avec eux alors on y va. Sauf que voilà, pour un soi-disant contrôle « complet » de nos identités, ils veulent nous emmener au poste de police se trouvant dans le centre-ville. Ils ont vu le couteau suisse de Tim, cela a davantage piqué leurs curiosités. Nous montons à bord du véhicule, on peut dire qu’on était bien saoulés par la situation. Ils nous promettent de nous déposer de nouveau là où ils nous embarquent. En rentrant dans le commissariat, les collègues se moquent des cowboys qui nous ont amenés. Comme si, deux Français en train de faire du stop, étaient des  « menaces » s’exclamaient-ils.  On faisait genre de ne pas trop comprendre ce qu’il disait bien évidemment. À notre surprise, aucun ordinateur, de simple papier sur les bureaux et des téléphones. Plutôt compliqué de « vérifier nos antécédents » sans ordinateur non ? Ils nous font signer un papier stipulant que nous étions dans la région et que nous avons été contrôlés par les services de police. Franchement, c’était grotesque. On est tombés sur les policiers zélés et pas très malins du coin. Bref, on leur demande si on peut nous ramener là où on a été arrêtés, les deux cowboys étaient déjà partis et personne ne peut nous y emmener. Nous avions les boules de refaire le trajet et d’avoir perdu autant de temps.

Le jour où un policier a obligé une automobiliste à nous prendre en stop

Je vous plante le décor. La Patagonie sur la côte atlantique, une étendue de désert où se rencontrent la mer et le sable, où les vents règnent et brossent incessamment de petites touffes d’herbes, où des villes poussent comme des champignons à côté de gigantesques puits de pétrole et de gisements de gaz. On dit qu’en Patagonie, les conducteurs sont plus solidaires que dans n’importe quelle autre région du pays. Cette fois-ci la légende s’est perpétuée avec un policier. Nous quittons la ville de Rio Grande (Terre de Feu),  notre hôte couchsurfing nous amène à la sortie de la ville au niveau du poste de police. On salue l’agent, il nous demandera même d’inscrire nos noms et nos prénoms sur un registre. Il arrive qu’ils demandent ce type de renseignement pour pouvoir retracer notre parcours en cas de pépin. Le che (le mec version argentine !) était sympa, il dit qu’il nous aidera à trouver un véhicule. Il faut avouer que nous étions sceptiques après les quelques expériences déplaisantes que nous avons eues avec les policiers en Argentine. Et puis, comment allait-il bien pouvoir nous aider ? Ce n’est pas la première, mais la deuxième voiture qu’il « convainc » de s’arrêter pour nous prendre en route. Le policier ouvre le coffre, il nous aide à charger nos affaires tout en expliquant qu’elles ont de la place et qu’il est préférable que l’on parte avec elles. Un point c’est tout. Les femmes à bord nous ont confié qu’elles n’avaient pas l’intention de nous aider avant que le policier ne les y oblige. Ambiance… Nous nous sentions gênés vis-à-vis de ces femmes qui n’ont rien demandé. Je ne vous raconte pas la tension dans la voiture les premières minutes du trajet, nous ne savions pas où nous mettre. Au final, on a bu du maté ensemble et tout s’est bien passé.

 

Vous pensez faire du stop en Argentine ? Vous avez déjà franchi le pas ?

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