Découvrir la vie d’une estancia en Patagonie


Plateforme de volontariat : Workaway
Durée du volontariat : 1 mois et 4 jours
Période du volontariat : 16 décembre au 20 janvier 2017

 Présentation du lieu

Nous étions chez Karen, Ricardo et leurs enfants Almendra et Matilde. La famille de Ricardo possède l’estancia nommée « Estancia La Fernanda » depuis plus d’une soixantaine d’années. Une estancia, c’est l’équivalent de nos grandes fermes en France ou encore des ranchs aux Etats-Unis. Il s’agit d’une exploitation possédant un terrain important (énorme !) pour y faire de l’élevage. Cela peut être de l’élevage de moutons, de vaches, de chèvre… Dans notre cas, nous étions dans une estancia élevant des moutons et des vaches sur 5 300 hectares. Lors des débuts de l’estancia, la famille et ses employés s’occupaient de plus de 4 000 moutons ! Ça fait beaucoup de « méééé » ! Au fur et à mesure du temps, le troupeau a diminué pour arriver aujourd’hui à 700 moutons et 160 vaches. Cela s’explique notamment par plusieurs hivers très difficiles, réduisant la quantité de nourriture et les chances de survie des animaux. A cela s’ajoute l’expansion fulgurante des lapins qui mangent la même chose que les vaches et les moutons. Les lapins ont été introduits au sud de la Patagonie il y a environ une cinquantaine d’années pour exploiter leur fourrure. Au final, le business n’a pas marché et les lapins ont été laissés dans la nature. Ils se sont reproduits à grande vitesse et ont envahi le territoire. En plus de manger la nourriture du bétail, ils détruisent également le sol en creusant des milliers de terriers. En faisant ces trous, les lapins fragilisent le terrain et tuent les arbres en coupants leurs racines. On ne parle pas d’une centaine de lapins, mais d’une estimation de 450 000 lapins seulement sur un tiers des 65 hectares de la péninsule où nous étions ! Dès qu’on met le nez dehors, on peut voir une vingtaine de paires d’oreilles ! Bref, je clos le sujet «lapin».

Ce type d’estancia travaille en général avec plusieurs employés, mais aussi ponctuellement avec d’autres personnes spécialisées selon les besoins de l’élevage : tonte des montons, marquage, stérilisation ou abattage des animaux… De ce fait, on retrouve le plus souvent une maison principale ainsi que plusieurs petites maisons ou cabanes pour y accueillir les travailleurs. Depuis peu, l’estancia où nous étions ne travaille plus avec des employés à l’année. En réalité, il est très difficile de trouver des personnes voulant venir travailler à la campagne et encore plus dans un lieu aussi isolé. Les volontaires sont donc les bienvenus ! Il y a également un potager, et plein d’autres animaux : des chevaux, des chiens de travail (Sol, Ponpon, Pardo et Coskin) et un chien de compagnie (Pluma !!!!), des chats (las Melinas), des poules et un coq. Face à la mer, nous profitions chaque jour d’un paysage splendide !

Situation géographique

Province : Antarctique et Magellans

Comment y accéder ?

L’accès de l’estancia n’est pas forcément évident. La ville la plus proche est Puerto Natales, la porte d’entrée pour accéder au fameux parc Torres del Paine. Jusqu’ à Puerto Natales, il y n’y a pas de soucis pour venir. Plusieurs bus depuis El Calafate, Rio Turbio, Rio Gallegos (côté Argentine), Punta Arenas (côté Chili) et la route est de bonne qualité. L’estancia se trouve sur la péninsule Antonio Varras, juste en face de la ville de Puerto Natales et on y accède par voie maritime. Pour cela, il y a un petit ferry qui fait la navette à peu près toute la journée. Les départs varient selon les conditions météorologiques, point très important puisqu’il y a souvent du vent. De ce fait, il y a des jours sans départs ou très peu. L’autre option est d’embarquer (sans voiture) dans un bateau de pêcheur proposant de faire la navette. Ensuite, il reste à parcourir une quinzaine de kilomètres jusqu’à l’estancia par une piste de bonne qualité et ensuite un chemin de terre. Le trajet dure près de 45 minutes en voiture 4X4. On peut également s’y rendre à pied en suivant un chemin qui longe la côte prenant environ 5h-6 heures de marche.

Quelles ont été les activités réalisées ?

Cela dépend de la saison et des projets en cours, mais voici un aperçu des activités que nous avons pu réaliser.

  • Nourrir les animaux : il s’agit de préparer le lait dans des biberons pour deux agneaux (Les Bébés) et une vache (Petunia). Donner des grains de maïs pour les poules, les poussins et le coq :). C’était ma tâche quotidienne.
  • Couper du bois : la cuisinière et qui sert également de chauffage fonctionne au bois. Tous les matins, Timothée se chargeait de couper du bois pendant plus ou moins 1 heure.
  • Chercher du bois : une fois par semaine à l’aide du pick-up, Tim et Ricardo allaient chercher un arbre mort à débiter dans la forêt.
  • Réparation des barrières : les enclos sont parfois détériorés ou encore cassés par les animaux. Mission de Ricardo et Tim
  • Réparation des fauteuils, du canapé et des chaises : nous nous sommes improvisés menuisiers du dimanche lorsqu’il pleuvait dehors.
  • Diverses maintenances de la maison : recoudre des rideaux, nettoyer les murs et ramonage de la cheminée… On s’occupe quand le temps ne nous permet pas de travailler dehors.
  • Tondre et faire sécher le foin : Timothée a coupé plusieurs parcelles de hautes herbes en prévision pour l’hiver pour les chevaux. Le foin est ensuite stocké et retourné pour le faire sécher.
  • Entretien du potager : arrosage des tomates et des fraises, plantation de petit-pois, enlèvement de mauvaises herbes, entretien des plants de pommes de terre, désherbage entre les plants de framboisiers.
  • Cueillette de fruits et réalisation de confitures : récolte de groseilles, de framboises et de calafates.
  • Réparation de la serre : le vent a fait des ravages sur la petite serre improvisée.
  • Marquage des veaux : séparer les veaux des vaches, pour ensuite les faire passer un par un et procéder au marquage (étiquette et fer …). Ce processus est obligatoire pour pouvoir vendre les animaux et pour les protéger du vol de bétail, très courant au Chili paraît-il.
  • Chasser des lapins : Tim a dû chasser des lapins pour nourrir les chiens et de façon plus exceptionnelle pour nous.
  • Petit bricolage : réparation des portes, renforcement de l’enclos du poulailler…
  • Activité ponctuelle : nous nous sommes improvisés une fois charcutiers… Un vieux taureau causant régulièrement des dommages a été tué, il a fallu ensuite récupérer un peu de sa viande… Un cheval a été castré de façon « artisanale », Tim a dû aider à maintenir le cheval. Enfin, lors des fêtes de fin d’année, plusieurs agneaux ont dû être vendus. Tim a alors aidé a attrapé les animaux pour les mettre dans un véhicule.
  • Participer à la cuisine et aux tâches ménagères de façon régulière: lorsque nous avions terminé nos activités, nous aidions Karen à finaliser la cuisine, mettre la table, passer un coup de balai, faire la vaisselle… Pendant les fêtes de fin d’année nous avions réalisé les desserts et les cocktails 🙂
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Comment se déroule une journée de travail ?

Généralement, nous commencions autour de 8h30-9h, puis nous déjeunions vers 12h30. Ensuite, lorsque nous avions le temps mais aussi selon les conditions météorologiques, nous faisions une sieste d’une heure ou parfois deux. Nous reprenions donc autour de 14h30 – 15h- 15h30 pour finir au plus tôt à 17h si non 17h30-18h. Une journée de travail durait en moyenne 6 heures. Il arrivait que Timothée chasse au-delà 18h.

 Quels sont les échanges avec l’hôte ?

Nombreux ! Nous étions complètement intégrés à la petite famille. Nous étions ensemble quasiment toute la journée. Nous pouvions alors échanger à tout moment et pratiquer notre espagnol. Karen est une ancienne vétérinaire et a étudié les pumas durant deux ans au Parc National des Torres del Paine. Elle est ensuite venue sur la péninsule Antonio Varras pour étudier les ravages que font les lapins, c’est là qu’elle a rencontré Ricardo. Nous avons pu en apprendre plus sur la faune du coin et ses différents enjeux : les pumas et l’élevage des animaux, les oiseaux de la Patagonie, le nombre croissant des guanacos…

Nous avons beaucoup appris sur l’élevage des moutons et des vaches. C’était notre premier volontariat dans l’élevage. Ne connaissant que peu de choses dans ce domaine, c’était une réelle découverte de cet univers.

Entre temps, Timothée a appris à nettoyer et vider les poissons et les lapins, un régal…

De mon côté, j’ai pu revoir les petites bases que j’avais de crochet avec Karen. J’ai appris plein de petites recettes de cuisine. Nous avons appris des chansons enfantines auprès des filles 🙂

Combien y a-t-il de volontaires ?

La famille accueille des volontaires depuis fin mai. Lors de notre venue, nous étions 4 volontaires. Deux Anglaises sont restées plus de deux mois à l’estancia. Ensuite, un couple des Etats-Unis est venu se joindre à nous. Ils sont restés une semaine afin d’aider dans l’activité de l’estancia et étudier les oiseaux du coin.

Comment découvrir les environs ?

Nous avions plusieurs options selon le temps dont nous disposions. En fin de journée, nous prenions plaisir à aller au cours d’eau situé à une cinquantaine de mètres pour y observer les oiseaux.  Rien que là, on peut facilement voir une dizaine d’espèces d’oiseaux (on peut en voir près d’une centaine sur la péninsule). Dès que les conditions météorologiques le permettaient, nous en profitions pour nous balader autour de l’estancia pour y voir les oiseaux.

Lors de nos journées libres, nous nous sommes rendus tous ensemble aux nids des condors et à la grande lagune. Des randonnées de 6-7h de marche. Nous avons pu expérimenter la pêche à Noël et la promenade à cheval le 1er jour de l’année 🙂

Quelles sont les conditions d’hébergement ?

Nous disposions d’une cabane située à une centaine de mètres de la maison principale. Il y avait un chauffage au bois, un lit deux places, quelques fauteuils, un lavabo et un WC. Nous n’étions jamais dans la cabane durant la journée seulement lorsque nous allions dormir. Le reste du temps, nous étions dans la maison principale et lors des siestes nous dormions dans une des chambres disponibles.

Comment se passent les repas ?

On prenait le petit-déjeuner quasiment tous en même temps autour de 7h30-8h. Lors des déjeuners, nous dégustions les fabuleux mets de Karen tous ensemble. Salade, plat et dessert à chaque repas, c’était au TOP et chaque fois différent ! Nous prenions ensuite le thé autour de 17h -17h30. Un thé accompagné de gâteaux, pain, et confiture, le tout fait maison. C’est l’équivalent de la « ONCE » que la plupart des Chiliens ont l’habitude de prendre. C’est-à-dire un petit repas où l’on mange du pain accompagné de ce que l’on a à la maison : avocat, fromage, pâte à tartiner… Ensuite, si nous avions envie d’autre chose après le thé nous pouvions nous préparer à manger ou les restes du midi par exemple.

Y a-t-il des équipements pour les volontaires ?

L’estancia est très bien équipée. Des tonnes d’outils en bon état en double voire en triple, des paires de gants, paires de bottes… On pourrait croire qu’il y a une quincaillerie juste à côté.

Y a-t-il internet ?

Non. L’estancia ne dispose pas d’une connexion internet et le signal internet téléphonique est très faible, voire inexistant.

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Qu’est-ce qu’on en pense ?

Le point fort de cette expérience

Vivre auprès d’une famille chilienne accueillante pendant les fêtes d’années, nous ne pouvions espérer mieux !

Travailler dans le potager et y admirer des oiseaux super chouettes ou encore sortir la tête de la cabane pour y voir passer un condor. C’est sans aucun doute la faune du lieu et le cadre magnifique qui nous ont beaucoup séduits. Même si pendant l’été nous n’avions pas eu 30-35°, comme l’autre moitié du pays, nous étions heureux de profiter de telles « conditions de travail »

Entre la diversité des travaux réalisés et les fêtes de fin d’année, ce volontariat d’un peu plus d’un mois est passé très très vite !

L’estancia nous plaît tellement que nous avons décidé d’y retourner à partir du 10 février jusqu’au 5 mars. Karen et Ricardo, nous laissent garder l’estancia pendant leurs vacances en famille. Cette fois-ci, nous serons donc tous seuls à nous occuper des animaux et du potager, entre autre…

Le point faible de cette expérience

Nous n’en n’avons pas trouvé… Peut-être la météo très changeante ?

En bref

Autant vous dire tout de suite que nous n’étions pas très ravis d’apprendre avant notre arrivée que nous allions participer au marquage des animaux… Nous croisions les doigts pour qu’il s’agisse seulement de la paire de « boucles d’oreille ». Malheureusement, cela n’a pas été le cas. La famille procède également au marquage au fer des veaux. En effet, des voleurs de bétail courent dans la région et peuvent voler une centaine de vaches en une journée ni vu ni connu (vu l’étendue des propriétés). Le marquage au fer prouve indéniablement l’identité des animaux alors que les « boucles  d’oreille » peuvent être enlevées. C’est pour l’instant la seule solution que la famille a trouvée pour éviter et prouver l’éventuel vol de son bétail. Nous étions contents de rendre service mais ce n’est pas une expérience que nous voulons réitérer. De ce fait, si vous êtes d’une manière ou d’une autre sensible à la souffrance animale, passez votre tour ou renseignez-vous bien sur les activités que vous devrez réaliser.

Un souvenir inoubliable de notre petite cabane et sa vue dont nous ne nous lassions pas.

volontariat workaway puerto natales chili patagonie pluma gardienne de la cabane

 Contact

Si vous souhaitez contacter l’hôte de ce Workaway, passez par la plateforme du site, voici le lien

Vous êtes sur un article concernant l’une de nos expériences en tant que volontaires. L’idée est d’éclairer les voyageurs qui souhaitent s’investir dans le volontariat : Comment ça se passe ? Quelles sont les activités que l’on peut être amenés à réaliser ? Où est-ce que ça se trouve ? Quels sont les réels échanges ? Combien y a-t-il de volontaires ? Est-il difficile de visiter les environs le week-end ? Ce sont les questions que nous nous sommes posées avant de débuter cette aventure. Nous passons par le site de workaway et wwoofing Argentina pour prendre contact avec nos hôtes. Bien sûr, notre avis nous est propre ainsi que nos diverses expériences passées chez nos hôtes. Le vôtre sera sûrement différent.

Cet article vous a plu ? Un petit coup de pouce nous le fera savoir et nous encouragera à enrichir ce blog :)

Commentaires

  1. Ça a juste l’air d’être génial! Ces grands espaces, wouahh!
    Bravo pour les photos d’oiseaux, surtout ceux en vol, très reussies! Vous utilisez quoi comme matériel?

    • Hello Vincent !
      Pas de matériel de dingue (malheureusement haha).
      Un Nikon D5200 et un Tamron 18-270. C’est tout ce que le sac à dos arrive à avaler 🙂

  2. Wow, quelle expérience! Si mignons ces lapins, qui eut cru qu’ils soient si dévastateurs, de vrais petits monstres :p
    Mais les paysages ont l’air magnifiques et puis, ça fait du bien de lire une expérience avec une belle relation chez la famille…ce n’est pas toujours le cas!

    • Salut Leslie !
      Tu as déjà vécu une expérience désagréable chez l’habitant ?
      Pour l’instant, ça s’est toujours bien passé pour nous, on croise les doigts 🙂

  3. Le cadre est assez plaisant pour du volontariat, je ne voyais pas le Chili de la sorte.
    Comment a été cette deuxième excursion entre les animaux et le potager?

  4. C’est génial, votre article. Les photos sont sublimes !

  5. Tonkin Voyage Vietnam : 19 mai 2017 à 6:39

    Wow, c’est très naturel. j’aime bien visiter le paysage et découvrir les nouveaux terrains pendant mes voyages. Merci de partage! Bonne continuation!

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