Volontariat dans une communauté Quechua


Plateforme de volontariat : Workaway
Durée du volontariat : 3 semaines
Période du volontariat : fin juillet à mi-août

Nous avions hâte de vivre une expérience de volontariat en Bolivie. En effet, il n’est pas toujours très facile de discuter avec les habitants, créer un lien ou une amitié. Cela peut prendre plus de temps pour y arriver, contrairement à ce que nous avons vécu en Argentine et au Chili. Nous n’avions pas encore eu l’occasion de nous immiscer dans le quotidien d’un habitant. En effet, jusqu’à présent le couchsurfing était un bon moyen pour avoir un petit aperçu du pays grâce au regard d’un habitant. Cependant, en Bolivie ce n’est pas monnaie courante. Bref, tout ça pour dire que nous étions hyper motivés à trouver un volontariat en Bolivie.

Nous commençons nos recherches, nous nous rendons vite compte que la plupart des volontariats proposés sont en auberge de jeunesse en ville. Comme ce n’est pas notre tasse de thé, nous poursuivons nos recherches. On remarque également que beaucoup de volontariats sont proposés par des étrangers installés en Bolivie. Les « gringos » (terme utilisé en Amérique du Sud pour désigner les habitants des États-Unis ou de façon plus générale une personne étrangère au continent) proposent quelques volontariats dans la permaculture et dans des hébergements touristiques. Nous étions un peu déboussolés par nos recherches, car nous tenions a être accueillis par des Boliviens pour en savoir un peu plus sur leurs us et coutumes.

Tout ça pour dire que c’était mal parti, pourtant nous étions assez ouverts quant à la situation géographique du volontariat. La plupart d’entre eux proposent le logement, le petit-déjeuner et le déjeuner. Un volontariat arrive à attirer notre attention, un tout nouveau bed and breakfast situé à 38 kilomètres de Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie. On vous dit pourquoi notre choix s’est porté sur ce volontariat en particulier.

 Présentation du lieu

Bienvenue à l’Oasis boliviano. Un projet de Bed and Breakfast écologique qui a vu le jour dans le petit village de Teja Huasi. Ce projet est apparu grâce à petite famille canadienne. C’est l’histoire de Trevor, spécialiste en hydrogéologie, il a travaillé au Pérou et en Bolivie plusieurs années pour des ONG. Il devient ensuite professeur à Sucre pour donner des cours de sa spécialité à l’université. Il rencontre ensuite sa femme, originaire de Sucre et ont un enfant. La mère de Trevor fatiguée des allers et retours entre le Canada et la Bolivie, décide de changer de vie pour s’installer en Bolivie. En plus de ça, elle tombe littéralement amoureuse de la zone. Son projet est d’ouvrir un hébergement touristique, un projet qu’elle mène aujourd’hui sous la gérance de Trevor. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un projet familial.

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Ce qui nous a convaincus de choisir ce volontariat, c’est en partie grâce au profil et aux expériences de Trevor. Différents éléments nous incitent à le contacter. La premier, c’est que Trevor parle bien évidemment espagnol, mais également quechua. Il s’agit d’une des langues officielles de la Bolivie. Autant vous dire qu’un « gringo » qui parle cette langue, ça ne court pas les rues. Un bonus pour nous qui souhaitons en apprendre plus sur cette langue. D’ailleurs, parler cette langue est indispensable pour participer à la vie de la communauté. Le village de Teja Huasi ayant beaucoup d’habitants parlant quechua et très peu espagnol.  On pouvait clairement lire sur la fiche de l’hôte, l’intérêt qu’il portait et son investissement pour la communauté.

Il travaille avec un couple (René et Leonor) d’un village voisin, leurs langues maternelles c’est le quechua, mais ils se débrouillent bien en espagnol. Ce qui est un point fondamental pour échanger avec eux sur leurs modes de vie ou discuter tout simplement 🙂

Enfin, Trévor souhaite donner une dimension respectueuse de l’environnement à son hébergement. Essayer de diminuer l’impact environnemental de son l’hôtel et penser à des solutions adaptées à l’environnement dans lequel il se trouve. Le but étant que l’hôtel devienne autosuffisant au fur et à mesure des années : potager biologique toute l’année, panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, toilettes sèches, traitement naturel de l’eau …

En savoir plus sur le projet de filtration d’eau à Teja Huasi mené par Trevor…

 

L’une des problématiques de la communauté de Teja Huasi est la disponibilité en eau potable. Les habitants, faute de moyens ou par ignorance, n’investissent pas dans un système de traitement d’eau. La consommation d’eau non potable entraîne l’apparition de nombreuses maladies chez les membres de la communauté.  Trevor, est hydrogéologue de formation. Il s’est donc senti plus que concerné par ce problème. Il s’est creusé la tête pour trouver une solution durable pour obtenir de l’eau potable pour toute la communauté.

Il décide de reprendre le concept du filtre Biosand. Un filtre qui permet de nettoyer l’eau de pluie grâce à plusieurs couches de sable, de graviers et de « bonnes » bactéries qui se développent avec le temps.  La fabrication des filtres est réalisée par Trevor, les volontaires qu’il reçoit et les habitants de la communauté qui veulent installer ce filtre chez eux.

Bien que les coûts liés à la réalisation d’un filtre ne soient pas très élevés (100 pesos boliviens soit environ 12€) les habitants du village, ne peuvent pas tous s’offrir ce luxe. C’est là que le troc entre en jeu. Des papayes ou des œufs contre un filtre, un coup de main dans le potager en échange d’un filtre…  Aujourd’hui plusieurs dizaines de villageois disposent de ce filtre dans leurs maisons. Les lieux communautaires ont été les premiers équipés de filtres. Ainsi, l’école, la salle de réunion du village et un petit restaurant ont été les premiers à bénéficier d’une eau plus saine. Grâce à l’installation de ce système, les habitants prennent conscience également des problèmes sanitaires liés à la consommation d’eau non potable. Trevor aimerait continuer à étendre le projet dans le village et ensuite, le répliquer dans d’autres communautés alentour.

L’eau, potable ou non, est d’ailleurs un problème majeur en Bolivie. On vous conseille le visionnage du film « Tambien la lluvia ».

Situation géographique

Province : Chuquisaca

Comment y accèder ?

Depuis Sucre, c’est assez facile. Du marché central, on peut prendre le micro 3 (1,50 bolivianos). Ensuite, il faudra s’arrêter au niveau de la parada Cochabamba (signalez à votre chauffeur que vous descendrez à cet arrêt). Il faut compter 20 – 30 min de trajet, ça dépend du trafic.

Des voitures, des mini-camionnettes ou des minibus attendent d’être pleins pour partir en direction de la Vallée du Rio Chico. Le trajet dure environ 30-40 minutes (7 à 8 bolivianos). Il faut ensuite s’arrêter au niveau du pont menant à Teja Huasi. Il suffit de suivre la route principale et l’Oasis Boliviano est indiqué. Sur le site de l’hôtel, vous avez en détail le cheminement à suivre. Si besoin, vous pouvez convenir d’un jour et d’un point de rendez-vous à Sucre et vous ferez le chemin avec lui.

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Quelles ont été les activités réalisées ?

Cela dépend de la saison et des projets en cours, mais voici un aperçu des activités que nous avons pu réaliser.

  • Préparer le champ pour planter des salades
  • Réalisation de toilettes sèches dans le jardin (fondations, murs , toit…). C’était le projet principal de notre volontariat.
  • Baby sitting. Nous faisions un roulement pour que chacun garde le ou les enfants(s) présents (ceux de Trevor et sa femme, ou ceux des employés)
  • Nettoyer quotidiennement l’hébergement
  • Nettoyage de printemps de la maison
  • Installation de poubelles (tri sélectif) sur la voie publique
  • « Trash run », il s’agit de participer à la collecte des déchets sur le chemin bordant la rivière à deux pas du bed and breakfast.
  • Aider à attraper, dépecer une chèvre pour le couple bolivien (ça ne devrait pas arriver souvent)
  • Participer à l’élaboration des repas avec Leonor
  • Refonte et traduction française du site internet

Tim a quant à lui beaucoup travaillé sur la création d’un nouveau petit site internet pour l’hébergement. Rien de bien extraordinaire, car il faut que le site puisse se charger rapidement avec une connexion bolivienne (très lente en général).

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Comment se déroule une journée de travail ?

Nous nous arrangions pour que 2 ou 3 volontaires aident le matin et les autres en après-midi. En général, nous commencions notre journée assez tôt dans la matinée pour éviter la chaleur et réaliser des choses un peu plus physiques le matin.

Nous travaillions pendant les jours de la semaine, 5 heures par jour.

Le tour du matin était de 8h à 13h. Nous déjeunions autour de 13h- 13h30. Ensuite, c’était le tour de l’après-midi, de 14h-14h30 à 18h/19h. Le temps de travail était parfois plus court l’après-midi.

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 Quels sont les échanges avec l’hôte ?

Il faut dire qu’au début nous étions assez mitigés. Les Boliviens partant en fin de journée, Trévor a une petite maison dans le village et la rejoint pour dormir là-bas. Au final, nous nous retrouvions entre volontaires. Ce qui n’est pas nul non plus, mais, nous aimons habituellement discuter avec nos hôtes autour d’un repas. Au fur et à mesure, Trévor restait avec nous le soir et les échanges étaient plus nombreux. Nous nous sentions plus à l’aise, nous avons pu en savoir un peu plus sur la vie de la communauté. Comment est-elle gérée ? Quel est le rôle de chacun ? Les différents projets et problématiques actuels… Nous avons pu interroger les Boliviens concernant leurs familles, les règles de politesses, le passé de chacun… oui oui, je suis toujours curieuse.

Lors de notre volontariat, nous avons eu l’occasion d’assister à la « Fiesta de los Campesinos » (2 août), il s’agit d’une journée où les Boliviens mettent à l’honneur les agriculteurs et de façon générale, le travail artisanal des habitants. C’est aussi le moment pour les Boliviens de revendiquer leurs traditions et tout simplement faire la fête.

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Combien y a-t-il de volontaires ?

Lors de notre venue, nous étions au départ 3 volontaires. 3 Français même ! Ensuite, pendant une petite semaine nous étions même 6, puis 4, un couple suisso-argentin nous ayant rejoint. Ensuite, nous n’étions plus que 4 volontaires et pendant quelques jours nous avons fait la connaissance d’un brésilien. Il y a eu pas mal de mouvements.

Nous étions au minimum 8 personnes : 4 volontaires en moyenne, le couple qui travaille toute la journée avec nous ainsi que Trévor et sa fille.

Étant donné que c’étaient les vacances scolaires, les enfants de Leonor et René passaient régulièrement leurs journées à l’Oasis Boliviano.


Comment découvrir les environs ?

Autour de Teja Huasi, on fait rapidement le tour, l’ambiance est sympa et plutôt champêtre. On peut faire une petite randonnée et prendre un peu de hauteur pour avoir une vue sur la Vallée et le village. Ensuite, l’option possible est d’aller à Sucre le temps d’une journée ou d’un week-end.

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Quelles sont les conditions d’hébergement ?

Nous dormions dans une chambre plutôt spacieuse avec un lit deux places et un lit une place. Nous avons également partagé notre chambre le temps d’une semaine avec une autre volontaire. Le logement étant assez grand et le jardin aussi, nous ne nous marchions pas dessus non plus malgré le nombre de volontaires et personnes présentes dans la journée.

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Comment se passent les repas ?

Nous avions en théorie en échange de nos quelques heures de travail, le logis, le petit-déjeuner et le déjeuner. Au final, pendant les repas du soir nous mangions les éventuels restes du midi et nous complétions avec des courses.

Trevor étant végétarien, les repas l’étaient aussi. Si on voulait manger de la viande, il n’y avait aucun problème, il fallait juste l’acheter nous-mêmes.

La plupart du temps, c’était Leonor qui préparait les déjeuners. Le petit-déjeuner et le dîner nous le préparions soit en solo, soit entre volontaires. Nous avons pu même tester le four en adobe dans le jardin pour y faire nos supers pizzas qui déchirent !

Y a-t-il internet ?

En 3G / 4G, c’était possible de capter un très bon internet. On vous explique ici, par quel moyen nous avions internet en Bolivie.

Qu’est-ce qu’on en pense ?

Le point fort de cette expérience

Beaucoup de points forts durant cette expérience ! Nous avons pu, entre autres, découvrir la vie d’une petite communauté bolivienne, apprendre à réaliser des toilettes sèches, créer de nouvelles amitiés aussi bien du côté des volontaires que de nos hôtes.

Nous nous sommes aussi reposés, nous avons pu profiter du cadre, papoter, rigoler et s’organiser un peu pour la suite de notre voyage. En effet, nous avons ensuite visité le parc national Carrasco du côté de Villa Tunari avec Trevor, sa mère et sa fille.

Le point faible de cette expérience

Au départ, ce n’était pas évident de comprendre le fonctionnement de l’Oasis Boliviano. Qui fait quoi ? L’organisation n’était pas claire et entre volontaires, ce n’était pas évident de comprendre ce qu’il se passait. A priori, nous sommes arrivés à un moment plus compliqué et difficile de la vie de l’Oasis.

De ce fait, il nous aura bien fallu deux- trois semaines pour nous sentir un peu plus intégrés par le couple bolivien et qu’ils se sentent plus à l’aise avec nous. Même en parlant espagnol, ils peuvent être assez timides ou bien réservés. Par ailleurs, le principe du volontariat n’est pas très répandu et les Boliviens ne comprenaient pas l’intérêt de cet échange au début.

En bref

Le cadre était fantastique, nous avions vraiment l’impression d’être dans une oasis, les alentours étaient secs à cette période, mais les jardins de la communauté étaient très verts ! L’idéal serait de revenir en janvier à fin mars, certes il fait plus chaud, mais c’est plus verdoyant et il y a des fruits et légumes en grandes quantités (Chirimoya, mangue, avocat, papaye, orange…)

 Contact

Si vous souhaitez contacter l’hôte de ce Workaway, passez par la plateforme du site, voici le lien

Vous êtes sur un article concernant l’une de nos expériences en tant que volontaires. L’idée est d’éclairer les voyageurs qui souhaitent s’investir dans le volontariat : Comment ça se passe ? Quelles sont les activités que l’on peut être amenés à réaliser ? Où est-ce que ça se trouve ? Quels sont les réels échanges ? Combien y a-t-il de volontaires ? Est-il difficile de visiter les environs le week-end ? Ce sont les questions que nous nous sommes posées avant de débuter cette aventure. Nous passons par les sites de Workaway, Wwoofing ou par le bouche à oreille pour prendre contact avec nos hôtes. Bien sûr, notre avis nous est propre ainsi que nos diverses expériences passées chez nos hôtes. Le vôtre sera sûrement différent. Vous pouvez retrouver nos autres expériences de volontariat en Amérique du Sud dans la rubrique du même nom 🙂

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Volontariat dans une communauté Quechua
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