Aconcagua ou Bodegas, bienvenido à Mendoza


Avant même d’avoir mis les pieds en Argentine, nous avions beaucoup entendu parler de Mendoza. Cette province est connue dans le monde entier pour sa production de vin. Il serait même parmi les meilleurs du pays d’après beaucoup d’Argentins. La région se prête donc évidemment à quelques dégustations et visites de bodegas. Une autre caractéristique de Mendoza est sa proximité avec la cordillère des Andes. En effet, c’est ici que se trouve le plus haut sommet des Amériques ! Le fameux Aconcagua qui culmine à presque 7 000 mètres d’altitude. Rien que ça. Beaucoup d’alpinistes, ou plutôt andinistes, viennent faire l’ascension de ce vertigineux sommet.  Nous non, on se contentera de l’admirer depuis la Laguna de los Horcones un « chouia » plus bas.

Mendoza ? Ça te parle ?

Nous sommes arrivés à Mendoza juste après avoir visité le parc National de Talampaya. Il faut avouer que nous ne nous attendions pas à trouver une ville aussi verte pratiquement en plein désert. D’autant plus que la région ne reçoit que très peu de précipitations. Comment expliquer toutes ces rues bordées d’arbres ? Il s’avère que la ville de Mendoza a été construite sur le passage de la rivière Mendoza (Rio Mendoza) qui prend sa source dans les montagnes. Un barrage a été construit et d’ingénieux canaux ont été conçus. Ainsi, toute la ville peut recevoir de l’eau fraîche en provenance directe de la fonte des neiges de la cordillère des Andes. On retrouve alors au bord de la plupart des trottoirs, des canaux permettant d’irriguer les arbres et autres plantes. C’est d’ailleurs grâce à cette méthode que les agriculteurs des environs irriguent leurs champs. Il s’agit d’un procédé ancien utilisé par les Indiens Huarpe qui vivaient autrefois sur ces terres. Nous avons d’ailleurs pu irriguer les champs de cette manière lors de 2 volontariats, l’un dans la région de Jujuy et l’autre près de la ville de San Rafael dans la région de Mendoza. Les conditions météorologiques (faibles précipitations et températures douces) et cette méthode d’irrigation expliquent en partie la réussite viticole de Mendoza. En effet, avec aussi peu d’humidité ambiante, les maladies que nous avons en Europe ne ravagent pas les vignes de cette région.

Wwoofing volontariat San Rafael Mendoza Argentine viticole vigne vue vignoble

Nous savons maintenant comment une telle ville a pu se construire dans un endroit aussi désertique. Il est temps d’aller déguster quelques-uns de ces vins dont on nous a tant parlé depuis le début de notre voyage. Nous rencontrons à l’office de tourisme 2 autres français, Alexandre et Diane, également intéressés, on décide d’y aller ensemble le lendemain. Notre ami Sergio, habitant de Mendoza depuis toujours, connaît bien les bons plans et décide de nous emmener dans deux bodegas intéressantes au sud de la ville. On vous explique comment visiter deux bodegas de Mendoza avec dégustations pour seulement 6 euros #superbonplan 🙂

Déguster les vins de Mendoza pour 6 euros

Nous prenons le bus du couloir N°9 depuis le terminal de bus de Mendoza. On demande au chauffeur s’il va bien dans la rue Ozamis dans le quartier de Maipu et nous montons. On marche un peu et on arrive devant une bodega qui semble plutôt récente. Nous apprenons ensuite qu’il s’agit de l’un des plus vieilles bodegas de Mendoza, elle a été créée en 1898. Il s’agit de la bodega Lopez. Nous avons droit à une visite guidée gratuite très intéressante suivie d’une dégustation gratuite de deux vins. Un malbec et un cabernet sauvignon de 2016.

Après la dégustation, passage à la boutique évidemment ! On en profite pour acheter deux bouteilles. On sort pour acheter des empanadas, histoire de ne pas déguster le ventre vide et on fonce vers la deuxième bodega. Il s’agit de la bodega « la Colina de Oro » anciennement connue sous le nom de « Giol ». Il s’agit cette fois plutôt d’une visite historique. On découvre les anciennes caves qui servaient à faire le vin le plus populaire d’Argentine, le vin « Toro ». Son nom vient du fait qu’ils utilisaient du sang de taureau pour précipiter les dépôts… Lorsque la bodega était à son apogée, les ingénieurs ont eu l’idée de créer un système de pipeline. Ce système servait à acheminer le vin de la bodega aux citernes des trains pour gagner du temps. Mauvaise idée, les tuyaux passant dans les rues, les gens ont vite eu fait de percer les tuyaux pour se créer leur propre fontaine à vin gratuite. Le pipeline a bien entendu été abandonné. On passe ensuite à la dégustation de 4 vins : un sauvignon blanc très doux, un Chardonnay plus sec, un Malbec plutôt sans plus et un Torrontes assez agréable. Après cette dégustation de vin, nous rentrons tous chez Sergio. Les bouteilles achetées ce jour ne passeront pas la nuit, on sera au top pour voir l’Aconcagua haha !

L’Aconca-quoi ? Aconcagua !

Après une bonne soirée en compagnie de Sergio et deux nouveaux amis français, nous nous rendons (tôt) au terminal de bus de Mendoza pour aller voir le fameux mont Aconcagua qui culmine à 6962 mètres. On achète nos tickets pour le premier bus qui part (à 7h), on monte et c’est parti !

Mais au fait, ça veut dire quoi Aconcagua ? Eh bien, ce serait une dérivation d’un mot Quechua « Ackon-cahuac » qui signifie « Sentinelle de pierre ».

On profite des premières heures de trajet pour récupérer, tant bien que mal, un peu de sommeil. Cette route est aussi celle qui mène à un passage de frontière pour aller au Chili et plus généralement, vers la capitale, Santiago. Le bus marque l’arrêt à Uspallata, on en profite pour acheter des facturas (viennoiseries argentines) ça fera notre petit-déjeuner avec le café que Sergio a emporté dans le thermos. Une fois bien réveillés, on profite de la magnifique route à travers la précordillère des Andes.

Le chauffeur nous dit (cri) qu’on arrive devant le parc provincial de l’Aconcagua, on descend du bus et on se rend immédiatement au centre des visiteurs, il est 11h. On trouve quelques informations sur la faune et la flore du parc, on profite des toilettes et on ne paye pas l’entrée ! Non, nous n’avons pas fraudé. Le jour où nous y sommes allés, les gardes-parcs nous on dit qu’ils ne pouvaient pas nous faire payer, car le système de billetterie ne fonctionnait pas. L’entrée du parc n’est pas chère du tout (20 pesos), mais le garde-parc ne peut pas accepter notre argent. Ça nous payera une glace à l’eau au retour ;). On marche tranquillement sur le chemin du parc qui mène vers l’Aconcagua.

Petit à petit, on découvre des lacs aux couleurs laiteuses et au loin, l’impressionnant Aconcagua. On arrive au point de vue de « los Horcones », on prend quelques photos et on va un peu plus loin.

Grosse erreur, nous n’avions pas compris que le point de vue précédent était la fin du sentier (rien ne l’indique non plus). On avance donc jusqu’au pont où il est écrit qu’on ne peut aller plus loin que si l’on dispose d’un permis. On s’arrête donc ici pour pique-niquer et profiter de la vue.

À peine le jambon sorti qu’un garde-parc arrive pour nous dire que nous n’avons pas le droit d’être là. Le ton est ferme (on se fait pourrir quoi), on explique qu’on n’avait pas compris que le mirador de los Horcones était la fin du sentier, mais il ne veut rien savoir. Il prend nos noms et on aura soi-disant un avertissement. On est pourtant loin d’être les seuls, on a croisé pas mal de monde sur le chemin. Un couple est même parti plus loin, eux auront sûrement une amende, car pour le coup, ils ont forcément vu le panneau interdisant l’accès sur le pont.

Mendoza-visiter-montagne-Aconcagua-Argentine-cordillere-andes-fin-du-sentier-pont-suspendu-parc-provincial

Bref, on revient sur nos pas pour pique-niquer près d’une lagune et on profite du soleil.

Mendoza-visiter-montagne-Aconcagua-Argentine-cordillere-andes-vue-de-aconcagua-reflet-lagune-horcones

Le chemin de l’Inca passe aussi par là

Après un bon pique-nique, nous sortons du parc  en direction du pont de l’Inca (Puente del Inca). Pour cela, on traverse la route qui va vers la frontière pour marcher sur la voie ferrée désaffectée vers l’Est. Au bout d’un moment, on tombe sur quelque chose d’assez insolite, un bus abandonné et entièrement repeint.

Mendoza-visiter-montagne-Aconcagua-Argentine-cordillere-andes-chemin-de-fer-voie-ferre-pres-de-la-route
Mendoza-visiter-montagne-Aconcagua-Argentine-cordillere-andes-bus-abandonne

On continue, plus loin le chemin de fer est difficile à suivre, car il passe par un pont sur lequel il manque quelques éléments … Pas très confiants, on préfère contourner et rejoindre la route un petit moment. On arrive, après une petite heure de marche, au village de Puente del Inca où se trouve … le pont de l’Inca ! Ce pont aurait été emprunté par les Incas et fait également partie du fameux chemin de l’Inca qui s’étend du Pérou jusqu’au Chili. (On avait d’ailleurs suivi leur trace sur le chemin de l’Inca dans le Nord argentin) Ce pont est une formation naturelle recouverte de soufre. Cette formation s’explique par le fait que des sources d’eaux sulfureuses s’écoulent en permanence sur la roche.

D’ailleurs, des thermes avaient même été construits pour un établissement hôtelier. L’établissement a été détruit par une crue de la rivière et les thermes, ont fermé définitivement. Le pont ayant été fragilisé par une trop grande fréquentation a également été fermé. Il est aujourd’hui interdit de marcher dessus. Pour vous consoler, vous pouvez acheter en souvenir, un objet couvert de soufre. Les marchands font tremper toutes sortes d’objets dans cette eau sulfureuse pour leur donner un aspect de sculpture de soufre. On vous déconseille quand même d’en acheter, le soufre, ça sent fort et ça s’imprègne dans les vêtements. On en a fait l’expérience lors de notre descente dans le volcan Kawah Ijen en Indonésie. Il est maintenant temps de rentrer, on attend le bus devant le village de Puente del Inca, il passera vers 16h30 et nous rentrons à Mendoza avec des belles images.

La ville et ses alentours (notamment Maipu et Lujan de Cuyo) présentent de nombreuses bodegas à découvrir. Si le vin fait partie de vos passions, n’hésitez pas à y passer plusieurs jours. Sinon, les environs de Mendoza comme Potrerillos, Villavicencio, Cacheuta ou encore Uspallata promettent de beaux paysages à découvrir en voiture.

Mendoza-visiter-montagne-Aconcagua-Argentine-cordillere-andes-montagnes-derriere-aconcagua-couleurs

Nos conseils pratiques

Activités

  • La bodega Lopez propose des visites guidées et dégustations gratuites toutes les heures de 9h à 17h en semaine et de 9h30 à 17h le samedi en été (sinon jusqu’à 12h30). Elle se situe dans le quartier Maipu dans la rue Ozamis Norte au numéro 375.
  • La bodega « la colina de oro » anciennement « Giol » propose aussi des visites guidées avec dégustations. Ce n’est pas gratuit, mais ça reste raisonnable : 6 euros. Son adresse est la suivante : Ozamis 914. Elle est ouverte de 11h à 18h.
  • Vous pouvez avoir une vue panoramique de la ville depuis le toit de la mairie (au numéro 500 de la rue 9 de Julio). C’est gratuit !
  • Profitez des nombreux jours ensoleillés de Mendoza pour vous promener dans l’immense parc du Général San Martin (parque General San Martin). Nous y étions au tout début du printemps et le parc était superbe.
  • Pour aller à la base de l’Aconcagua (le fameux pic le plus haut des Amériques). L’entrée coûte 20 pesos (septembre 2016). Hors saison (du 15 mars au 15 novembre), vous ne pourrez aller que jusqu’à un point de vue (laguna de los horcones) à 45 minutes de l’entrée du parc. Cette courte promenade est déjà très jolie et vous pourrez avoir un aperçu de l’Aconcagua. En saison (du 15 novembre au 15 mars), vous pourrez aller jusqu’à un pont à 1h45 de l’entrée du parc. Après ce pont, il faut un permis spécial qui peut vite coûter cher. Pour les étrangers, le trekking d’une journée coûte 200$US… Si l’ascension complète vous intéresse, il faudra casser la tirelire, on est à 726$US en basse saison (sans guide, sans matériel, juste pour le permis).

Transports

  • On se déplace très bien en bus dans Mendoza. Le seul problème, c’est de bien connaître les trajectoires des bus, car d’un point à un autre, on peut mettre 10 minutes ou 45 minutes si on se trompe de bus. Pour ne pas que ça vous arrive, la seule solution est de calculer votre itinéraire sur Googlemaps en choisissant les transports en commun comme mode de déplacement.
  • Pas besoin de louer une voiture si vous voulez vous rendre à la base de l’Aconcagua, ça se fait très bien en bus. Comptez 4h de trajet et 92 pesos (aller) par personne avec la compagnie Buttini (septembre 2016). Le premier bus part à 7h. Pensez bien à réserver en avance, ils sont vite remplis puisqu’ils se rendent jusqu’à Santiago au Chili.

Cet article vous a plu ? Un petit coup de pouce nous le fera savoir et nous encouragera à enrichir ce blog :)

Commentaires

  1. Un endroit dont je n’avais jamais entendu parler, c’est une belle découverte pour moi et tout à fait le genre d’endroit où j’aimerais aller!

    • Alors fonce ! 🙂
      Nous a vraiment bien aimé. Surtout après avoir enchaîné les paysage semi-désertiques, ça faisait du bien de voir un peu de verdure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *